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Ma vraie vie solo (partie 1)

Photo du rédacteur: XaroXaro

Dernière mise à jour : 11 déc. 2019

Petite note: cet article sera écrit en deux parties. La première, consacrée à mon expérience de la solitude et de comment je l'ai vécue. La deuxième partie quant à elle sera dirigée sur les façons que j'ai utilisées pour contrer le sentiment d'isolation.


Pour commencer, je tiens à vous dire que je vais ici parler à coeur ouvert. Je vais m'exprimer sur quelque chose qui m'a d'une certaine façon fait beaucoup de mal. Je ne tiens pas à écrire sur ma vie et mon histoire alors je me permets de ne pas expliquer certains trucs dans les détails et j'espère que vous pouvez me comprendre. (Je l'imagine vu que vous être des amours.)


Alors bon, je dois bien me lancer à présent. C'est vraiment compliqué pour moi d'écrire ces lignes tout en sachant que n'importe qui peut les lires. Je n'ai pas pour habitude de parler de ce que je peux vivre et je vais écrire des ressentis que même mes plus proches ne savent pas. Je leur ai beaucoup caché ce que je ressens et j'espère qu'à travers ces lignes ils arriveront à m'excuser de ne pas avoir été transparente avec eux.


Il y a un an maintenant j'ai découvert ce que ça fait d'être un adulte. J'avais essayé de m'y préparer et d'imaginer tout ce que j'allais vivre. J'envisageais les meilleures et les pires choses. Comme n'importe qui, j'essayais de prévoir ce que ça allait me faire d'avoir une facture en retard, de me faire à manger même quand je suis fatiguée, de ne pas pouvoir sortir n'importe quand parce que j'ai des responsabilités qui prennent du temps. J'imaginais mes potes venir à la maison, manger tous ensemble, rire et faire la fête sans avoir des règles particulières à respecter (hormis celles que je déciderais de mettre). Toutes ces pensées m'excitaient à l'idée de l'aventure que je m'apprêtais à vivre.


Lorsque le moment T est arrivé, le moment ou l'appartement n'était plus un rêve mais une réalité, j'ai expérimenté tout ce que je viens de citer. J'ai aussi appris à me découvrir. J'ai appris à avoir quelque chose qui m'appartient à moi seule (chose très compliquée dans le milieu dans lequel j'ai grandi). J'ai aventuré ce que c'est de décorer un endroit à ma façon, d'imaginer un monde qui m'est propre. Aussi, j'ai caressé les côtés fantastiques de la vie solo: les copines qui dorment à la maison, dépenser mon argent comme bon me semble (enfin, après avoir payé toutes mes obligations bien évidement ;)). Ainsi, j'ai découvert tous les moments joyeux de cette nouvelle vie.


Malheureusement, ce que je n'avais pas prévu dans mes plans, c'est que lorsque les potes n'étaient pas là, puisqu'à ma différence ils ont des obligations familiales et des horaires à tenir, je me sentais seule au monde. Mais quand je vous dis seule au monde c'est que même à l'autre bout de la planète, perdue en pleine forêt, je me serais sentie plus entourée. J'étais extrêmement triste parce que à la différence de si j'étais à l'autre bout du monde, j'avais mes amis ici. Seulement, ils avaient une vie de famille et moi non. Alors, tous les soirs que je passais devant la télé, j'avais le temps de penser à quel point ma vie me semblait minable et vide de sens. J'avais un appartement, tout le monde trouvait ça cool, sauf moi.

Dans ces instants, mon petit deux-pièces me paraissait tel un château, je ne savais même plus dans quelle pièce aller (et pourtant y'en a que deux hein). Je ne compte plus le nombre d'heures passées devant la télévision. Des journées, des soirées et mêmes des nuits entières. Je connaissais par coeur les programmes et leurs heures de diffusions. Je ne dormais plus car ma vie me semblait si vide que même l'idée de me détendre et de fermer les yeux n'avait plus de sens. Pourtant, devant les potes j'arborais mon plus grand sourire et ma plus grande fierté dans les moments où nous abordions le sujet de mon nouveau logement. J'avais l'impression que je ne pouvais pas leur avouer que ce qu'ils enviaient de ma vie, ma liberté, moi je n'en voulais pas. La vérité c'est qu'ils enviaient ma vie et moi j'enviais la leur. La seule pensée de rentrer et d'avoir un plat prêt à être dégusté me rendait triste. L'idée d'un adulte (un "vrai" adulte) qui ne me laisserait pas rentrer à n'importe quelle heure me donnait presque envie. La pensée d'avoir une personne qui s'inquiéterait pour moi me déchirait le coeur.


Je me suis toujours considérée comme une personne forte, un roc. Mais le moment où je sortais mes clefs pour rentrer dans mon cocon (entre-temps transformé en prison) je me sentais comme une feuille, fébrile et faible. Je ne faisais que penser à la vie que j'aurais voulu avoir, une vie où on s'occuperait de moi. La vérité c'est que je devais réviser, me faire à manger, ranger, me laver et tout cela dans un temps-record. Malheureusement, ma soirée finissait souvent par se résumer à fumer des clopes dans ma cuisine et à, je dois bien l'avouer maintenant, fondre en larmes. J'étais triste à l'idée de devoir être un adulte alors que je n'avais même pas encore été un enfant.


Je pensais que ce fichu sentiment de solitude passerait, mais ce ne fut pas du tout le cas. C'était de pire en pire et toujours pareil: le week-end j'allais bien, mes potes étaient dispos, et quand la semaine recommençait, je me retrouvais avec moi-même (et je peux vous dire que j'suis pas une bonne compagnie apparemment !). Cette période a été longue, mais elle m'a semblé durer une éternité.

Ayant fait le choix de ne pas en parler à mon entourage, je me retrouvais d'autant plus seule à voir mon état de santé se détériorer. Vous tous savez je suis taillée comme une allumette, mais en cette période je peux vous dire que même l'allumette était plus ronde que moi. J'évitais les miroirs de ma jolie petite prison parce qu'ils me rappelaient que c'était à présent de ma faute si j'étais comme ça. Sur les réseaux je continuais à faire comme si de rien n'était (faut bien entretenir les followeeeersss). J'essayais un maximum de masquer mon mal-être et ça avait l'air de plutôt bien fonctionner puisque personne ne s'en rendait compte. J'avais parfois envie que mes ami(e)s le voit et qu'elles m'aident, mais s'ils l'avaient vu j'aurais donc dû l'assumer. Et ça c'était hors de question. Je ne pouvais pas assumer de me sentir insatisfaite dans une situation que tout le monde rêvait d'avoir.


Bien évidemment que ce mal-être était en partie en lien avec mon histoire, que mon entourage connaît. Mais là aussi, j'ai toujours tellement normalisé et banaliser mon vécu que si je devais avouer qu'il me fait encore beaucoup de mal, j'aurais eu l'impression de ne plus être cette femme forte qu'ils aiment tant. En fait, je m'étais moi-même mise dans un cercle vicieux qui faisait que je ne pouvais pas demander d'aide. Je pense que si je parlais de ce que je ressentais, j'allais décevoir ceux que j'aime.


J'aimerais beaucoup vous en dire plus et mieux savoir m'exprimer à ce sujet, mais pour dire vrai c'est encore plus dur que ce que j'imaginais et je ne tiens pas à vous faire penser que je veux vous attendrir ou quoi que ce soit. Au jour d'aujourd'hui je vais beaucoup mieux il n'y a pas de soucis à vous faire (et vous verrez pourquoi dans le prochain article ☺).


Je tiens aussi à dire à mes amis qui liront ça que vous n'auriez rien pu faire pour moi car j'avais décidé (à tort) de me débrouiller seule. J'aimerais quand même spécialement remercier Sana, Inès, Tab, Imane, Luca, Sahind et bien sure Huss qui ont tellement fait pour moi sans jamais le savoir. Vous êtes vraiment des gueules de cons mais jvous aime bien. (Instant émotion sisi)


On se retrouve bientôt pour la suite de cet article, j'espère que celui-ci vous a plu malgré qu'il soit très différent du reste. Bisous à vous.


Xaro 

  



 
 
 
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©2019 par Xaro

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